Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2 : sur les terres du Fossoyeur.

Ici sont chroniquées les histoires des Etats et de leurs dirigeants

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Zardoz
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Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2 : sur les terres du Fossoyeur.

Message par Zardoz » 28 oct. 2015, 12:00

Je continuais doucement mon ouvrage dans cette chambre d'un établissement miteux d'un des secteurs du 5ème étage de la cité-bunker du Zardoz. La chaleur ambiante était suffocante dans ces étages plus proches de la surface Deserticaine du fait des énormes systèmes de refroidissement de la cité qui évacuaient la chaleur des plus bas niveau vers le haut. Un ventilateur de fortune avait le plus grand mal à rafraîchir l'air ambiant dans un coin de la pièce.

Une chanson légère était diffusée sur un mini poste de radio que j'avais loué au patron. Une voix d'homme entraînante y était accompagnée d'un chœur de femmes et vantait les louanges du célibat dans une langue étrangère. Une cigarette incandescente en bouche et les mains occupées par deux lames aiguisées, je m'efforçais en me pinçant les lèvres de ne pas recracher la fumée sur le petit bout de femme qui se tenait devant moi.


« Yippie yay
There'll be not wedding bells for today

'Cause I got spurs that jingle, jangle, jingle

Jingle, jangle
As I go ridin' merrily along
Jingle, jangle
And they sing, "Oh, ain't you glad you're single"
Jingle, jangle
And that song ain't so very far from wrong
Jingle, jangle

Oh, Lillie Belle
Lillie Belle
Oh, Lillie Belle
Lillie Belle
Though I may have done some foolin'
This is why I never fell
 »...


Aïe, tu me fais mal Sahel!

Pas évident de couper les cheveux d'une petite sans réelle paire de ciseaux. Et je n'avais jamais vraiment donné dans la coiffure auparavant...

Si tu râlais moins je pourrais plus me concentrer et ça ferait moins mal j'en suis sûr. Ne fais pas ta geignarde, ça sera bientôt fini Adeline.

Je l'entendis souffler fortement pour exprimer son mécontentement. Ce qui me fit sourire en coin.

Je suis sûr que c'est super moche ce que tu me fais en plus!

Tu verras bien... En attendant les cheveux longs dans ce coin mal famé c'est non. Ça repoussera ne t'inquiète pas, je ne vais pas couper trop court, tu n'auras qu'à porter une casquette ou une petite capuche pour masquer le reste.

Mais c'est pas du tout à la mode ça!

Héhé, il fallait bien être quelqu'un d'aisé venant des derniers étages ou une petite fille pour s'occuper de mode dans cette cité...

Je profitais d'une petite pause pour reposer mes instruments et faire se retourner Adeline que je puisse contempler mon travail. J'en profitais pour reprendre ma cigarette en main et prendre quelques bouffées.

Bien ça à l'air pas si mal. Regarde toi dans le reflet de ta montre...

Elle s'exécuta au plus vite. Je l'entendis ronchonner, se plaindre et dire que j'étais nul, et même si je savais que ça venait du cœur, c'était un mal bien nécessaire.

J'aurais jamais dû te dire pour le monsieur d'hier. Il m'a juste demandé qui j'étais et où j'habitais, et dit en souriant que j'étais jolie. Ben maintenant je le suis beaucoup moins à cause de toi!

Je l'avais vu lui parler tandis que je discutais avec le patron en bas, je m'étais surtout arrêté sur son regard de prédateur et de celui de bien d'autres hommes depuis que nous nous étions arrêté ici il y a deux jours déjà.

Tu sais, les gens ne sont pas bons ici bas. Méfie toi des hommes, non, méfie-toi de tous en fait. Les gens bons sont plus une exception. Les autres... il faut savoir en faire des alliés de circonstance ou au moins éviter de s'en faire des ennemis. En coupant tes cheveux je vais éviter de susciter quelques intérêts mal placé de certains... Tu comprends?

Oui... mais toi tu es bon Sahel! Tu m'as jamais fait de mal depuis l'autre jour et puis Papa il avait confiance en toi!

Je tirais à nouveau sur ma cigarette et soufflais dans le vide avant de lui répondre.

Méfie toi encore plus de ce en qui tu penses avoir confiance. C'est toujours d'eux dont tu souffriras le plus, car tu t'y attendras le moins. Mais pour l'heure fais moi confiance, et ne t'approche plus de cet homme. Il t'a repéré et ne te lâchera pas s'il en a l'occasion.

Pourquoi tu le tues pas si tu as peur pour moi Sahel? Ca serait plus simple non?

Ma cigarette tomba par terre de surprise face à ses paroles et alla brûler un bout de moquette vieillotte et un peu moisie. Je l'éteignais avec mon pied avant d'en saisir une nouvelle et de chercher mon briquet.

J'aimerais éviter. Tu sais les gens qui disparaissent il y en a tous les jours ici. Mais ça attire tout de même l'attention. Je voudrais éviter qu'un des clients en bas ne nous remarque, tu as vu qu'il y avait pas mal de Free-lances à traîner dans le coin pas vrai? Ce n'est pas qu'un hotel ou une auberge ici, c'est surtout une maison de passe... Ils ne s'occuperont pas de nous et ne verront pas ma montre en veille tant qu'on attire pas leur attention. Ils ont leurs pensées ailleurs quand ils viennent ici.

Je vis la petite ouvrir de grands yeux pleins d'incompréhension.

Une maison de qui?

Une maison de plaisir. Enfin bref, évite de sortir seul et tout ira bien. Encore 24 heures ici et ma veille sera finie, on pourra se barrer.

Je trouvais enfin mon briquet au fond d'une de mes poches et entrepris de tourner la molette pour qu'une légère flamme apparaisse.

Mais si jamais il te touche, je le tue.

A la radio une nouvelle chanson se finissait un peu plus morose celle-là. Je t'endais l'oreille, on s'approchait d'un changement d'heure, une émission allait commencer. Une voix suave et faussement sensuelle d'un homme dont on ne pouvait trouver l'âge s'échappa bientôt du petit appareil:

« Bonjour à tous, ici Zapp Nigan, votre dévoué serviteur, c'est l'heure de votre émission préférée... »

Tu sais Sahel..., commença Adeline.

Je lui fis signe de se taire tandis que je montais le son de la radio.

Mais Sahel...

Attend un peu, l'information est un peu la base de mon métier. Juste le temps du rappel des nouvelles et je suis à toi, lui demandais-je en tirant une grande bouffée sur ma cigarette.

« C'est bientôt l'heure de notre page d'informations, mais avant, Brenda tenait à nous rappeler le sort des bébés ratons que l'on retrouve dans nes canalisations des étages 3 à 20.

-OUI ZAPP : EVITEZ DE LES MANGER ILS SONT IMPROPRES A LA CONSOMMATION!

-Oups, le micro Brenda, ne hurlez pas.

-Oh pardon.

-Continuez.

-J'ai fini.

-Et bien c'était édifiant, et je ne doutes pas que tous nos auditeurs n'en pensent pas moins.  Je crois que Jonhson voudrait intervenir?... »


Je réduisais le son un temps, la qualité de ce genre d'émissions était des plus fluctuantes même si les chansons qu'ils diffusaient me plaisaient bien. Ils ne manquaient pourtant pas d'auditeurs car dans ces bas étages impossible d'avoir accès à un quelquonqe autre média non directement gouvernemental, personne n'avait de média visuel à disposition, bien trop chers, et les journaux ne trouvaient aucun public du fait qu'une bonne partie des gens était illettrée dans ces premiers niveaux et que la partie restante préférait dépenser le peu d'argent qu'elle avait pour survivre ou pour la boisson... Les gens se « cultivaient » donc le plus souvent autour d'un poste radio, dans les bars le plus souvent n'ayant pas tous les moyens d'en acheter un pour leur foyer.

Tu me disais Adeline?

La petite me dévisageais intensément.

Tu fumes trop Sahel! Mon papa il disait que c'était pas bien on pouvait mourir à trop fumer. Même que ça donne le cancer, des poumons tout sale et tout.

Je la regardais songeur.

Oui, évite de commencer si tu peux. Mais entre nous, si c'est la cigarette qui me tue je trouverais ça bien ironique vu mon « métier ».

Papa, il a jamais fumé de sa vie lui! Il m'a dit!

C'est bien il mourra pas du cancer, dis-je un peu las.

Un léger silence gêné se fit. Il fallait que je surveille un peu plus mes paroles...

Tu arrêteras un jour dis Sahel?

Je soufflais un petit nuage de fumée dans une autre direction que la sienne.

De fumer?Et bien... Cherche un pari quelconque en échange d'une promesse d'arrêter, s'il me plait je te le dirais et on en fera une promesse.

Adeline me sourit alors d'un sourire franc de petite fille. Ce qui me fit en dessiner un sur mon visage.

Un changement de ton dans la voix du présentateur à la radio me fit remonter le volume du son.

«  C'est l'heure des informations.

Au sénat de galactica les débats ont enfin pris fin et après de nombreux échauffourées entre guerriers de Varuna et rédempteurs, une sortie de crise se profile. L'archimage semble être intervenu en personne envers l'état de l'ancien chef des Rédempteurs, l' Iwachika Sakazusa, pour selon les dire, violation franche et délibérée des lois en vigueur de la corporation.


IL L'A RAYE DE LA CARTE!

Effectivement Brenda. Suite à cette affaire qui semble dénuée de tout lien direct avec la guerre alors en cours. Les guerriers de Varuna ont finalement proclamé leur victoire franche dans ce conflit via leur chef, Lord Stark du Wintefell , après ce que certains dans le camp adverse ont qualifiés d'un « acharnement systématique et non proportionné». L'alliance des rédempteurs ne s'en est pas relevée et a été dissoute.

BRUUU

Une intervention pour clore ce sujet Brenda?

LES FAIBLES DOIVENT MOURIR.

ahah, toujours le mot pour rire Brenda!
... »


C'est une bonne chose pour nous ça, commentais-je.

Pourquoi Sahel?

Et bien... Les guerres engendrent une pullulation de la fabrication et du commerce des armes..., dès qu'elles se finissent d'une façon ou d'une autre c'est autant de produits manufacturés destinés à la guerre qui inondent les marchés car sur-produits. Une part va inéluctablement arriver par ici, et d'ici quelques jours l'astroport de la cité va être assailli de marchandises, d'acheteurs et de revendeurs... L'occasion pour nous de nous acheter de l'équipement à moindre prix et de..., et bien sélectionner une ou deux cibles parmis les Fls qui s'y rendront...

« J'ai d'autres actualités pour vous chers auditeurs.

L'archimage serait également intervenue sur les états de l'Effervescence et de l'Azafirette. On est sans nouvelle d'eux, les raisons semblent plus obscures. Nous ne disposons pas à l'heure actuelle de communiqué officiel à ce sujet expliquant les raisons de cette intervention.

Une réaction Brenda?


LES FAIBLES DOIVENT MOURIR.

Vous vous répétez ma chère, ouhouh! Concernant le reste de l'actualité les Grands conseillers Vanalth et Brudner Mörnir semblent avoir pris pleine possession de leur poste, nous leur souhaitons tous j'en suis sûr, une franche réussite. Les autres conseillers se font plus discrets ces temps-ci. Y a-il anguille sous roche?Uhuh! Un dirigeant de notre glorieuse alliance, Hidaï Levi, ingénieur en Chef Saharidiste , répondait quand a lui avec diplomatie à un message officiel adressé par l'un des Gcs...

QU'IlS AILLENT SE FAIRE VOIR!

ouh ouh! Mais non Brenda, du tact voyons! Héhé.

Après une courte chanson nous reprenons notre flash infos sur les actualités locales. Nous verrons comment nos glorieuses forces de l'ordre ont dû intervenir pour nettoyer le secteur 37 de l'étage 11 afin de prévenir notre nation d'un « affreux complot terrori... ».


J'éteignais là, ça me suffisait pour l'instant. Et je ne voulais pas qu'Adeline en entende plus sur les événements traumatisants qu'elle avait vécus il y a trois jours déjà.

Oh je sais!

Adeline me regardait avec un grand sourire et des yeux pétillants.

Tu sais quoi?

Je sais la promesse que tu vas me faire pour arrêter de fumer!

Dis toujours?

Et ben si je deviens aussi forte que toi et que je te sauve la vie à mon tour, et ben tu arrêteras!

Ahah? Tu t'es vu petite freluquette? Tu ne manques pas de cran! Tu ne préférerais pas que je te dise que tu es libre de faire ce que tu veux à la place et que j'arrête d'être sur ton dos?

Que je la libère de sa nouvelle condition servile en fait... Pour l'instant ce n'était pas dans mes plans. L'avoir en ma "possession" me permettait d'avoir des droits sur elle auprès des autorités si jamais il arrivait quelque chose de fâcheux.

Elle fit un grand "non" de la tête.

Non je veux ça! Tu promets?

Elle me tendit la main avec un air sérieux.

Faisons ça, lui dis-je simplement en serrant doucement son poignet chétif, ravi de voir que ce peu de conversation réussissait à la changer un peu des sombres ruminations et cauchemars qui la pourchassaient depuis notre sortie du secteur 37.
Dernière édition par Zardoz le 23 févr. 2016, 08:44, édité 1 fois.

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Kafelor
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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Kafelor » 02 nov. 2015, 00:48

Depuis quelques jours, l’astroport était bondé, un fourmillement était inhabituellement perceptible. En temps normaux, il n’y avait guère que les traditionnels riches voyageurs ou hommes d’affaires qui attendaient aux terminaux pour s’enregistrer et embarquer dans les cuirassiers à destination de leurs lieux de villégiature ou de la Bourse de Galactica ou des grandes nations économiques de ce monde. Les nantis prenaient du bon temps.


Il fallait dire que la cité-bunker souterraine n’avait rien d’un endroit sympathique pour y passer ses vacances. Outre le fait que les habitants vivaient continuellement sous la lumière artificielle de quoi leur donner des envies de destinations plus ensoleillées, la vie était rude dans la plupart des autres étages entre survie et misère. Pour « changer d’air », il était donc nécessaire de voyager en dehors de l’Etat.


Mais depuis quelques jours, de nombreux militaires, marchands d’armes et négociants en tout genre côtoyaient les touristes aisés. Tous s’affairaient dans leur coin flairant la bonne occasion et attendant à la sortie des terminaux. Des cargaisons entières arrivaient toutes les heures remplis d’armement divers. La fin de la guerre entre Varuna et Rédempteurs avait été plus rapide que prévu et avait engendré d’importants stocks de munitions dans les quatre coins de l’univers. Des armes que beaucoup d’organisations parapubliques officielles ou non convoitaient pour des raisons diverses et variées : semer la terreur, attaquer une cible précise, se protéger à outrance, défendre une idéologique quelconque, etc.


L’une de ces organisations avait d’importantes ramifications en Zardoz. Selon les rumeurs, son chef lui-même se rendait régulièrement dans la cité-bunker. Mais personne ne l’avait vu ni ne connaissait son nom. Du moins pas son vrai nom, car en revanche tout le monde connaissait son surnom : le Fossoyeur. Cette organisation s’était infiltrée partout, un peu à la manière du Léviathan en son temps. Elle se faisait discrète mais ne manquait pas une occasion de se faire de l’argent.


Elle avait recruté également très large : anciens officiers, tireurs d’élite ou commandos bien sûr, mais également des mercenaires pour l’appât du gain, des hackers, des informateurs issus de divers services de renseignements ou même de simples citoyens prêts à se faire exploser pour que leurs familles ne manquent de rien. Cette organisation avait déjà mis la main sur plusieurs stocks d’armes. L’astroport du Zardoz était devenu une plaque tournante pour revendre les munitions aux plus offrants.

J’attendais patiemment sur l’un des bancs du terminal 6. Je surveillais depuis près de trois heures les allées et venues. Les acheteurs d’armes tentaient bien de se faire discrets parmi la foule mais je pouvais lire en eux comme un livre ouvert. Une crosse qui dépassait, un vêtement chic mal taillé, une montre avec tellement de points de prestige qu’il n’était pas possible de l’avoir remporté honnêtement. J’examinai le moindre détail comme je l’avais toujours fait.


Je ne devais rien rater, je ne devais pas laisser la place au hasard, sinon c’était courir un risque trop important. Toujours connaître à la lettre, à la moindre virgule son environnement. Il en valait de ma réputation et de mon travail. J’avais eu la chance d’avoir reçu un bon enseignement et aujourd’hui plus que jamais je devais le mettre en pratique. Les hommes comme moi n’étaient plus très nombreux. Autrefois, nous étions une force reconnue avec d’importants moyens. Aujourd’hui, nous n’étions plus que quelques uns à continuer à faire ce travail ingrat même si les résultats étaient bien maigres.


Je sirotai un petit lait de fraise assis sur mon banc. Personne d’autre n’était assis à côté de moi. Je portai pour l’occasion des vêtements tout ce qu’il y avait de plus classiques pour passer inaperçu : une veste et un pantalon noir, des lunettes légèrement rectangulaires pour paraître sérieux, des mocassins en toile cousu pour paraître un peu chic. Encore une fois le moindre détail comptait. Je continuai à observer attentivement les personnes passées devant moi. Je posai mon gobelet sur ma droite pour prendre un petit journal l’air de rien tout en surveillant.


Ma cible n’était guère importante. Il s’agissait en vérité d’un banal colonel d’armée de terre corrompu. Il avait participé à de nombreuses batailles par le passé et avait tué assurément beaucoup de soldats et de civils. Furieux du manque de considération de sa hiérarchie et surtout insatisfait de son salaire, il avait fini par changer de fusil d’épaule (pour ne pas faire de mauvais jeu de mot) et avaient mis ses services pour le compte de diverses organisations plus ou moins scrupuleuses. Je le pistai depuis plusieurs saisons et aujourd’hui un rendez-vous primordial devait avoir lieu entre lui et un des hommes du Fossoyeur.


Comme je le disais donc, ce n’était pas ma cible qui m’importait mais plutôt l’objet qu’elle s’apprêtait à livrer. Je ne savais pas exactement de quoi il s’agissait mais, après des heures d’écoute, à voir comment ces hommes en parlaient avec tant de discrétion, j’avais deviné que quelque chose d’important se tramait. Ce secret à outrance n’avait rien de bon. J’avais décidé de traquer personnellement ce mystérieux objet afin de savoir exactement de quoi il en retournait. Mon plan était relativement simple : trouver cette personne, la suivre et assister à la transaction.





Au même moment, au niveau 12




-Salut Nelson, ça va bien ? la famille ? toussa ?

-Ma foi ouai impeccable. Tu sais ce que c’est. On a beau acheté tout ce qu’il faut, la demoiselle n’est jamais pleinement satisfaite. Faudrait peut-être que j’achète une résidence dans ce coin, ça doit être assez miséreux pour que les femmes arrêtent de piailler.

Les deux hommes rirent aux éclats.

-Ah je te retrouve bien là ! Moi, quand j’y passe, je prends tout ce qui me vient sous la main. Et ensuite bam, je liquide et on en parle plus.

Ils s’esclaffèrent encore plus bruyamment.

-Bon trêve de plaisanterie, qu’est ce que tu as pour moi ?

-Tu vas être aux anges. J’ai des armes un peu exotiques genre kama, falcata et compagnie, des fusils d’assaut, des mitrailleuses à gros calibre, des pistolets à plutonium, un managun de haute précision. J’ai même du GS 26.

L’autre fût surpris par cette dernière nouvelle.

-Nan tu déconnes ?

-Si, si je t’assure, tiens regarde !

Il ouvrit une des cargaisons dans son arrière boutique. Il retira le léger voile blanc et découvrit un bout d’ogive. L’autre lui fit signe de s’arrêter.

-Ok, ok, je te crois, Nelson. Inutile de sortir l’engin.

Les deux individus rirent à nouveau à plein poumon.

-Je vais te prendre le managun et une mitrailleuse.

-Parfait, je te fais le tout à 53500 crédits.

-51000.

-53500.

-Arrête, je sais que tu l’as eu à un bon prix. Alors fais moi une petit ristourne.

-53500.

-Allez, pour ton poto.

-52000 et tu me laisseras ta demoiselle sur le perron demain.

-Ben voilà, j’aime quand tu me prends par les sentiments.

Les deux hommes se serrèrent la main. Ils échangèrent rapidement les armes contre les sous.

-Et sinon je me disais… tu pourrais faire jouer tes relations pour trouver une personne pour moi… ou plutôt deux personnes.

-Bien sûr. Par contre, je préfère te prévenir, ça va te coûter une blinde. 3 millions de crédits par personne. T’es sur que tu veux y mettre tout ce fric ? Et je te préviens de suite. Ces gars-là, ils rigoleront pas. Si tu paies pas, t’es mort.

L’homme acquiesça à Nelson.

- Marché conclu. Donne moi juste l’info et je te filerai le pognon.

-Très bien, on doit chercher qui ?

-Un FL et une petite fille. Voici leur photo.

Les deux hommes allaient se quitter quand Nelson répliqua avant que l’autre ne reparte :

-Au fait, tu ne te sépares jamais ton armure assistée ?

L’autre lui répondit :

-Jamais, cette armure elle fait partie de moi.
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Kafelor
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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Kafelor » 16 nov. 2015, 00:42

A l'astroport...



Je continuais à faire mine de lire le journal. J’humectais légèrement mon doigt et je changeais de pages toutes les 2-3 minutes afin de ne pas paraître suspect. Les hommes de main du Fossoyeur s’étaient peu à peu positionnés aux différents coins et endroits du terminal de l’astroport. J’en comptais une bonne vingtaine en tout. Ils regardaient eux aussi à droite à gauche et épiaient tous les passants et touristes. Certains des sbires m’avaient regardé rapidement et jusqu’alors n’avaient pas prêté plus attention à moi. Mais voyant que je ne bougeais pas depuis maintenant une ou deux heures, ils commençaient à se poser des questions. Je pouvais sentir leur regard se poser avec plus d’insistance sur moi et j’allais devoir assez vite bouger de là si rien ne se passait.

L’un d’entre eux alla dans ma direction sûrement pour me dire bonjour et en profiter pour en savoir un peu plus. Il n’était plus qu’à quelques mètres de moi quand un groupe de visiteurs immergea de la grande porte dédiée aux arrivées des voyageurs. Quelques hommes façon « bodyguard » en costume trois pièces ouvraient le passage et entouraient un homme relativement grand, bardé de plusieurs décorations militaires, une mallette métallique à la main.

Il s’agissait assurément du colis. Et je n’avais pas été le seul à le remarquer. Les sbires du Fossoyeur s’étaient donnés discrètement le mot pour reprendre leur position afin de sécuriser le périmètre en vue de la transaction. Le mercenaire qui s’avançait jusqu’alors vers moi changea de direction pour faire un petit tour et reprendre son poste à l’une des sorties du terminal.

Je regardais le colonel accompagné de ses gardes du corps se diriger vers une porte donnant à une cour privée. Elle était surveillée par deux sbires qui les attendaient. Ma fenêtre était courte. Je devais agir avant que l’officier ne rejoigne la porte et que tout le monde n’entre. Après quoi, je ne pourrais plus les suivre de visu et ma mission serait un total échec.

Aussi je n’avais pas le droit à l’erreur. J’examinai rapidement la situation, jaugeant la longueur et le rythme de leurs pas, et le moment opportun, je me levai de mon banc pour me diriger vers les latrines galactiques afin de croiser en chemin le groupe. Je pris dans le même temps mon gobelet rempli de kafé (un café dégueulasse originaire du Kafelor) que je tenais dans ma main droite cachée derrière mon journal plié en deux pour l’occasion. De cette façon, je marchai tranquillement adaptant ma marche afin que les bodyguards qui, arrivaient par ma gauche, passent juste devant moi.

A ce moment précis, je fis mine de trébucher en lançant mon journal à la face du premier garde et mon kafé vint se fracasser contre le beau costume d’un autre garde. Je plongeai littéralement au sol quand les gardes essayèrent de me retenir. J’avais anticipé leurs réactions et me jetai au sol moitié comme celui qui chutait après s’être pris les pieds dans le tapis, moitié comme celui qui essayait de les éviter tant bien que mal.

Leurs mains frôlèrent mon dos alors que je tombai tout juste au sol sans qu’ils purent m’arrêter ou me freiner véritablement. Le gobelet était quand à lui tombé au même moment sur le carrelage et avait répandu une énorme marre de liquide qui me permit de glisser dans le mouvement jusqu’à ce que j’atterrisse au milieu du groupe et que je puisse étendre mon bras gauche aux pieds du colonel. La nanopuce invisible à l’œil nu en forme d’insecte se faufila alors le long de mon membre, parcourut le dos de ma main pour sauter jusqu’à la chaussure du colonel et s’engouffrer dans une rainure de cuir.

La scène avait duré à peine quelques secondes mais cela m’avait suffi pour placer cette nanopuce sur l’un des vêtements du colonel afin de pouvoir suivre l’homme à la trace et d’intercepter ses moindres communications. J’avais effectué la manœuvre à la perfection et avait accompli le plus dur. Enfin restait à me sortir vivant de ce pétrin.

Mais j’avais bien joué le coup. Comme je m’y attendais, les gardes grommelèrent et me soulevèrent littéralement pour m’extraire sans ménagement. Je me laissai faire et fus balancé à quelques mètres de distance avant de retomber lourdement à nouveau au sol.


Casse toi, me lança le garde à la chemise maculée de kafé.

Mais l’incident n’alla pas plus loin. Le regard noir du colonel sur les bodyguards incita ces derniers à ne pas en rajouter. Le groupe repartit donc en direction de la porte donnant à la cour privée. Les bodyguards échangèrent un simple signe de la tête aux sbires du Fossoyeur qui les laissèrent passer. Tout le monde entra dans la pièce et la porte se referma derrière eux. Muni d’une micro oreillette, je pouvais entendre les bruits de pas claqués sur le pavé.


-Moniteur, vous recevez tout cela ?

-Oui, Edgar. J’ai enclenché la géolocalisation.

-Un petit bravo m’aurait également fait plaisir.


Un petit rire se fit entendre.


-Bien joué, mon lapin.


Je fis une moue dépitée.


-Rho Susie, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler mon lapin. Ce surnom là doit à jamais disparaître. Tout cela à cause de Lord Yu qui, un jour, a eu la bonne idée de nous surnommer les Lapins Roses.


La dite Susie rigola de plus belle.
Mais guère le temps de s’amuser plus longuement, les bruits de pas s’estompèrent. La nanopuce indiquait que le colonel était situé au milieu de la cour privée. Quelques secondes passèrent sans entendre le moindre bruit distinctif avant qu’une voix rauque ne s’échappe :



-Petrovic, mon bon Victor, heureux de te voir l’ami.

-Moi de même, Crâne d’Obus.

« Crâne d’Obus » ? Voilà bien un curieux surnom pour une personne pensais-je. Mais bon, après le Fossoyeur ou le Lapin, pourquoi pas celui-là après tout, ce n’était guère plus délirant. Je ne m’arrêtai pas à ce détail près et continuai à écouter avec attention.

-Puis-je vérifier le contenu du paquet ?

-Mais assurément.


Quelques bruits de pas suivis d’un clic d’ouverture indiquant l’ouverture de la mallette.


-Bien, tu as tenu ta parole, Victor. A moi de tenir la mienne.


Des petits tapotements de claviers holographiques se firent subrepticement entendre.


-Entre ton numéro de compte, je te prie.


Le colonel fit quelques pas et commença à taper sur les touches lorsque soudain une énorme détonation explosa mon tympan. Je réglai immédiatement à la baisse le son de ma micro oreillette. S’en suivirent des rafales de tirs nourris et des cris d’hommes touchés par des impacts de balles. Je regardais rapidement la localisation du colonel, il ne semblait pas avoir bougé.


-Il se passe quoi ? Vous voyez quelque chose ?

-C'est assez confus. Je viens d’activer la caméra discrète de la nanopuce pour voir ce qui se passe. C’est l’anarchie, Edgar. Un groupuscule de terroristes vient d’ouvrir le feu sur les bodyguards du Colonel et les hommes de main du Fossoyeur. Ils sont en train de les décimer. Ils sont beaucoup plus nombreux et vont vite les liquider.


Les tirs continuèrent encore quelques secondes et effectivement ils finirent par s’arrêter.
Susie poursuivit :

-Le colonel Petrovic est mort. L’intermédiaire dénommé Crâne d’Obus tente quant à lui de s’échapper.


J’entendis alors une voix gueuler avec un fort accent thorgradien :


-Ne le laichez pas filer, rattrapez-le, bourd…


L’homme n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Une énorme explosion retentit à nouveau. Je sentis le sol du terminal vibrer sous mes pieds. Je m’échappai à l’extérieur du bâtiment tout en continuant à écouter Susie me raconter la suite des événements.


-La course poursuite a coupé court. Ce Crâne d’Obus semble avoir tout prévu. Il avait miné le terrain d’explosifs et a tout fait péter. Tout le monde est mort. Y a plus que lui.

-Et il a la mallette ?

-Affirmatif.

-Il va vers où ?

-A droite. Il va revenir dans ta direction, a priori.


Je rerentrai dans le grand hall du terminal astroportuaire et, en effet, je le vis ouvrir la porte d’accès réservée et se diriger vers l’Ascenseur de la Cité-bunker. Il fût accompagné par quelques hommes de main qui étaient restés surveiller les alentours.


-Un moyen de le tracer virtuellement ?

-Négatif. La transaction financière n’a pas abouti. Je n'ai donc pas pu cracker son algorithme ni retracer l’origine des fonds qui aurait pu éventuellement nous donner un lieu ou un repère.

-Merde, on fait quoi ?

-Je crains qu'on a guère le choix. Va falloir que tu suives de visu ce Crâne d’Obus…

-T’es sérieuse ?

-Je suis sûr que tu vas y arriver mon lapin.

-Susie, je t’ai dit de ne pas m’appeler mon lapin !
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Zardoz
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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Zardoz » 07 janv. 2016, 10:40

Une petite larme se mit à perler au coin de son œil avant de couler doucement le long de sa joue de petite fille tandis que j’ouvrais la porte de notre chambrée. Les jours avaient passés, ma montre avait quitté sa veille : il était temps pour nous de quitter cet établissement de débauche dans lequel nous étions restés déjà trop longtemps.

Je veux pas Sahel. On était bien là, je veux pas retourner dehors.


Je m’accroupis doucement et dévisageais la fillette au visage tiraillé par ses pensées d’enfants.

Je ne peux pas te laisser là en partant si loin Adeline… on t’a trop remarqué. Beaucoup n’attendent que ça : que je tourne le dos, pour venir t’enlever à moi…

J’avais dû me débarasser d’un homme qui tournait un peu trop dans notre couloir le soir, s’arrêtant parfois au seuil de notre porte, comme hésitant. Peut-être un simple insomniaque. Je ne m’étais pas arrêté lui demander. Les gens qui tuent dans leur sommeil les voyageurs en auberge sont légions par ici. Mieux valait lui que moi. Un autre m’avait proposé une coquette somme pour me racheter Adeline. Bien insuffisante pourtant pour que j’y réfléchisse plus sérieusement… Autant de signaux qui me disaient de quitter cet endroit et que le plus tôt valait le mieux.


… et tu sais que l’argent ne tombe pas du ciel ? J’ai une bouche à nourrir en plus maintenant et mon équipement est dépassé sur bien des points, il va falloir me refaire. Sois forte tout va bien se passer.


Ma protégée acquiesça en réprimant un bruit de sanglot. Peut-être commençait-elle aussi à réellement prendre conscience du deuil qui l’attendait après les événements tragiques qu’elle avait vécu quelques jours plus tôt.


Je vins lui soulever le capuchon qui tombait sur ses épaules pour qu’il recouvre sa tête et vienne masquer dans son ombre intégralement son visage enfantin et si humain. Du reste une longue cape du désert masquait ses formes de fillettes, ne laissant pas présager de la largeur de son corps, et un pistolet laser que j’avais déchargé pendait à sa ceinture comme une mise en garde.

Dans cette tenue et au vu de sa petite taille j’espérais qu’elle passerait pour une habitante du Saharid. Peuple qui intriguait au plus haut point et dont l’aura pleine de mystère en faisait se méfier plus d’un. Mais au moins ainsi paraitrait-elle bien plus menaçante qu’une simple fillette.


Ah oui j’oubliais.

Je sortis de ma poche un petit collier que je viens placer à son cou et l’activait.

Ca va dénaturer un peu ta voix si tu veux me parler. Ne sois pas trop surprise ça fait sursauter la première fois. Ca ne fera pas trop Saharid lambda. Mais si tu as besoin de me parler les gens ne verront pas la petite fille en toi au moins…

C’est quoi un « Sale ride» Sahel en fait ?
, dit une voix transformée, d'une tonalité un peu plus grave et... dérangeante qui la fit effectivement sursauter.

Des gens dont tu ne dois pas t’approcher si on en croise en tous cas. Du reste je ne sais pas grand-chose tu sais. Je n’en ai croisé qu’une ou deux fois dans toute ma vie. Mais je n’avais pas envie de leur chercher des noises malgré leur petite taille, j’imagine que c’est pareil pour tous les gens sensés…

Je me relevais après avoir posé une main qui se voulait rassurante sur sa tête encapuchonnée et allait payer le patron accompagnée de ma fausse Saharide. Le quel écarquilla les yeux en la voyant mais ne dit mot. A cette heure matinale les gens décuvaient ou étaient encore dans les chambres avec leurs… consommation nocturne aussi notre départ ne fut-il relativement discret et n’attira que peu de regards.

Le secteur se réveillait doucement et quelques gens commençaient à sortir de chez eux, de petits marchés improvisés se dressaient au milieu des rues de bons matin avant que la chaleur écrasante des turbines de remontée d’air viennent rendre l’atmosphère de cet étage du bunker trop pesante. Nous en traversions plus d’un en direction des ascenseurs publics. L’œil aux aguets je songeais tout de même à la marche à suivre.

Plusieurs évènements avaient filtrés concernant les hangars ces derniers jours, une prise d’otage par ici, des multiples fusillades entre deux organisations plus récemment… Les autorités devaient être sur les crocs, ma petite chasse aux FLs serait peut-être malheureuse dans un tel contexte. Et surtout...

Je jetais un œil vers une Adeline bien silencieuse, qui trainait un peu derrière moi et lui enjouagnait de rester à mon niveau. Elle tenta de me prendre la main mais je la retirais un peu trop brusquement pour son jeune âge. Elle devait comprendre...

Non, Adeline, désolé pas tant que tu es déguisée. Il faut que tu restes crédible…, lui murmurais-je.

Elle baissa la tête mais resta à côté de moi à marcher, silencieuse.

… surtout, il va me falloir un nouvel équipement. Ce combat contre le FL à l’armure assistée m’avait fait comprendre que je ne pouvais me permettre de voyager sans une arme assez lourde pour endommager ce type d’armure si je voulais continuer à progresser au sein des FLs. Mais qui dit arme lourde pouvant percer une telle technologie tout en restant maniable dit aussi prix bien trop lourd pour moi. Deux solutions se présentaient à mes yeux : la voler à un FL mieux équipé ou … faire appel à lui et son organisation.

Nous arrivions aux guichets de l’ascenseur public. Nous passions sans souci un contrôle de routine par un robot sentinelle qui ne s’attarda pas sur l’accoutrement d’Adeline, cela outrepassait sa fonction bien qu’il vit sans problème la supercherie de son déguisement. Je ne m’attardais même pas à répondre à son humour douteux.

Au guichet, une femme d’un âge mur, clopant devant son écran, ne prit même pas la peine de me regarder arriver. Derrière elle un homme me dévisageait intensément.

Vous souhaitez ?, me demanda la dame qui tenait le guichet.

Un aller rapide, pour deux personnes, vers…


Mon regard s’arrêta sur l’homme derrière qui continuait de me fixer. Un couteau encore planté dans la gorge, il semblait rire, la respiration haletante pourtant. Et me désigna Adeline en sortant sa langue de sa bouche, d'où dégoulinait un filet de sang, et en la passant sur ses lèvres cyanosées.

Oh non… pourquoi ça me reprend maintenant ? Il n’existe pas Sahel, c’est dans ta tête Sahel…

Bon alors, ca vient ?!
, s’impatienta la femme au guichet relevant enfin la tête.

Adeline me tira par la manche et je finis de regarder dans le vide et repris mes esprits.

… vers les établissements du Fossoyeur, près des hangars… trouvez-nous l’ascenseur le plus direct.

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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Kafelor » 18 janv. 2016, 23:56

-Crâne d’Obus vient de m’appeler. Il a survécu à l’attaque. Je ne sais pas comment il a fait…

-Vous m’aviez assuré qu’il n’y aurait pas de problèmes !

-Je sais… tout se passait bien… nous le tenions… mais il a réussi à s’échapper… je suis désolé…

-Désolé ? Ce n’est pas suffisant, c’est même très largement insuffisant.

-Ma couverture est compromise, désormais... Ils vont se douter de quelque chose. Il faut m’exfiltr…

-Il en est absolument hors de question ! On n’a pas fait tout ce chemin pour arrêter si près du but. Il nous faut ce composant.

-Je sais bien mais notre fenêtre s’est refermée. Dans les hangars, c’est plus la même histoire. Le Fossoyeur y règne en maître.


Le correspondant ne répondit pas immédiatement. Le silence en disait long et n’annonçait rien de bon. Mais après quelques secondes de blanc, l’interlocuteur reprit la parole.


-Tout n’est peut-être pas perdu en réalité. Plus j’y pense et plus je me dis qu’il y a encore un coup à jouer et que nous pouvons profiter de la situation.

-En profiter, mais comment ?


-Voilà comment on va procéder…


Quelques minutes plus tard, lorsqu’elle raccrocha après avoir écouté attentivement son interlocuteur, elle se sentit soulagée. Il lui suffisait de suivre scrupuleusement ce plan et elle pourrait peut-être rattraper son erreur. Sa vie ne tenait qu’à un fil. Elle savait qu’elle ne devait pas faillir cette fois sinon elle ne donnerait pas cher de sa peau.

Elle prit une grande bouffée d’air pour retrouver son calme. Il lui fallait reparaître parfaitement lisse et transparent. Après quelques inspirations longues bienvenues, elle connecta de nouveau son commutateur et appela le Fossoyeur.

Un protocole de cryptage s’enclencha et une voix robotique lui demanda :



-Indiquez / clairement / le / mot / de / passe.


Sans sourciller, la femme répondit :


-« Tout le monde répond à l’appel du Fossoyeur. »

-Mot / de / passe / valide. / Vous / êtes / connecté.


Une voix humaine profonde et grave se fit alors entendre.


-Oui Tête de Piaf, qui y a-t-il ?

-Je suis désolé de vous l’annoncer mais l’équipe de Crâne d’Obus a été attaquée lors de la transaction. Fort heureusement, Crâne d’Obus a réussi à s’échapper avec la mallette.

-Voilà qui est problématique… Demandez à nos contacts au sein de la police de nous rencarder. Je veux tout savoir sur les assaillants.


-Très bien, chef.

-Cette attaque ne restera pas impunie.

-Oui, il faut les…

-Et dites à Crâne d’Obus de rejoindre le point de rendez-vous que mon analyste va vous fournir.

-Ce sera fait.

-Je veux que Crâne d’Obus garde le paquet. Il faut qu’il retrouve notre équipe armée la plus proche afin d’être escortée jusqu’à nos docks.

-Entendu.


La conversation prit fin et quelques minutes plus tard elle reçut une carte cryptée. Celle qui se faisait appeler « Tête de Piaf » contempla cette carte et la transmit immédiatement à son gang.

Elle attendit de recevoir un bip de confirmation de leur part pour être sûre que la carte avait été déformée comme ils souhaitaient avant de prendre contact à nouveau avec Crâne d’Obus.

Celui-ci lui répondit encore haletant :



-Ouais, alors? ils en savent plus sur ces enfoirés?

-Je leur ai transmis ce que tu m'as dit, ils sont en train de visionner les holocams sur les lieux. Nous n’avons plus beaucoup de temps avant que la police zardozienne ne soit sur tes traces. Il faut nous transmettre le colis le plus vite possible.

-Ouais ça urge.

-Le paquet est ce qu’il y a de plus important. Procédure d’urgence habituelle. Rejoins le point de contact qui s’affiche sur ton écran. Pose la mallette à l’endroit indiqué dans 2 heures précises, une escouade viendra la récupérer. Quant à toi, pars provisoirement dans une autre direction pour te faire discret et pour passer les points de contrôle jusqu’aux docks. Rendez-vous à ta place habituelle dans la Foss’Yle pour le debriefing.

-Ouai ok. J’espère que le Grand chef est pas trop vénère?


La femme coupa court à la discussion et éteignit son commutateur. Il était inutile de s’attarder. Les pions étaient désormais en place. Restait maintenant à les faire avancer.
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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Kafelor » 24 janv. 2016, 22:54

Quelques temps auparavant…


Je voyais Crâne d’Obus, accompagné de quelques sbires, partir en direction de l’Ascenseur une centaine de mètres plus loin. Il fallait que je me décide.

-Edgar, sache que la communication risque d’être coupée par moment à l’intérieur de la Cité-bunker.


Je grommelai à nouveau. Je sentais que la mission commençait à dérayer et qui sait ce que la suite réservait encore.


-Bon ok, Susie. Procure moi un visa et une accréditation civile niveau 3.

-Sous une fausse identité ?

-Non, faisons cela un minimum dans les règles.

-C’est comme si c’était fait, mon Lapin.


Pour une fois, je me permis de sourire intérieurement devant cette dernière réplique. Certaines choses ne changeraient décidemment jamais. Susie s’amusait beaucoup avec ce surnom et même si la situation était critique, elle ne cesserait pas de me taquiner avec ça.

Je suivis à bonne distance le petit groupe de mercenaires. Un document se téléchargea sur mon pad pendant que je patientai dans la file d’attente qui menait vers l’Ascenseur. Le dénommé Crâne d’Obus et les autres passèrent les portiques de sécurité et leurs papiers furent vérifiés par des espèces de droïdes géants.



-C’est quoi ces trucs ?

-Des robots sentinelles du Zardoz. Je te conseille de pas trop les contrarier, si tu vois ce que je veux dire !


Quelques minutes plus tard, je montrai mon laissez-passer à un de ces monstres d’acier. Celui-ci m’examina de ses yeux rouges.


-Que vient donc faire un Commissaire au Zardoz ? Y a-t-il un problème de sécurité intergalactique ?

-Non, ne vous inquiétez pas. Je viens rendre visite à une amie que je n’ai pas revue de longue date !


Le robot continuait à m’observer attentivement, s’arrêtant notamment sur les moindres traits de mon visage. J’avais appris à rester impassible et à mentir aux meilleurs détecteurs que comptait cette galaxie. Ne trouvant rien d’anormal, le robot finit par me laisser passer et examina les documents du passager suivant.


-Je crois que tu t'es fait un copain!


Je souriais à nouveau à cette dernière réflexion de Susie. J’entrai dans l’Ascenseur à la recherche d’une place stratégique afin de garder un œil sur mes cibles. L’Ascenseur était imposant. Il pouvait assurément contenir plusieurs centaines de personnes.
Différents sièges étaient alignés un peu partout accompagnés de ceintures de sécurité afin d’être solidement maintenus et harnachés au niveau de la taille et des épaules. Les gens les plus fortunés commençaient à s’asseoir. Les personnes plus pauvres restaient debout et se battaient afin de s’agripper aux rambardes du plafond. Les gens se bousculaient pour empoigner ne serait-ce que quelques centimètres de ces barres en métal.

Je repérai mes gars assis dans un coin et vins prendre discrètement un siège moi aussi à une dizaine de mètres d’eux. Les portes principales furent verrouillées quelques minutes plus tard et, le temps pour moi de m’harnacher, l’Ascenseur se mit en branle. Plusieurs étages furent dévalés à une vitesse vertigineuse. On ne pouvait voir l’extérieur, les murs étaient opaques. Des rangées de vieilles loupiotes et chandeliers éclairaient l’intérieur lui conférant une ambiance médiévale.

Le trajet en lui-même fut relativement court. Sans même prendre gare, l’Ascenseur stoppa net sa course. Je sentis tout le poids de mon corps s’enfoncer dans mon siège. Les gens restés debout qui n’avaient pas pu s’accrocher aux rambardes ou qui s’étaient mal agrippés volèrent littéralement. Certains d’entre eux furent écrasés par d’autres.

La scène n’avait duré que quelques secondes mais des dizaines de corps gisaient désormais au sol.

J’avais certes valdingué durant ma carrière et avais vu nombre d’horreurs mais je n’avais encore jamais assisté à ce genre de spectacle dans un ascenseur.



-Voilà qui promet, murmurais-je.

-Ouai, la vie ne vaut pas grand-chose au Zardoz. Sois sur tes gardes! me répondit Susie dans l’oreillette.


Je me reconcentrai rapidement et sortis de cette boucherie par l’une des portes centrales, prenant le soin de garder un visuel sur mes cibles. Le dénommé Crâne d’Obus était visiblement agité. Il était à peine sorti du bâtiment qu’il alluma son intercom. Le petit groupe attendait visiblement des instructions. Crâne d’Obus reçut finalement un appel et opina du chef. Il réunit ses quelques collègues et d’un coup ces derniers partirent dans diverses directions.
Crâne d’Obus prit quant à lui la poudre d’escampette sur un hoverboard public tout en tenant fermement la mallette.

Je ne réfléchis pas une seconde de plus. J’enclenchai le mode lévitation de mes chaussures afin de me déplacer plus vite et suivre de visu le petit groupe de mercenaires. J’avais beau avoir reçu un entraînement de Maitre Window lui-même, je ressentais toujours une sensation particulière au moment où mes pieds décollaient légèrement du sol.

Il suffisait ensuite d’activer les nano propulseurs qui se trouvaient sous les semelles pour avancer et se diriger à la vitesse désirée. Je restai soigneusement à bonne distance de Crâne d’Obus. Mais bientôt le suivre commença à devenir périlleux. Ce dernier allait délibérément dans divers sens pour brouiller les pistes. Je faisais du mieux que je pouvais pour le suivre mais cela devenait fort compliqué. Beaucoup de passants s’affairaient tout autour. Les ruelles étroites étaient bondées. Le quartier était animé et je finis par le perdre quelques instants en visuel. Je m’évertuais à le chercher coûte que coûte sans vraiment savoir où il était passé.



-Susie, tu m’entends ?


Un bruit de friture se fit entendre en guise d’unique réponse.


-Susie, est-ce que tu m’entends ?


Mais rien à faire, la communication semblait momentanément coupée. Je grommelai à nouveau avant de reprendre mon calme. Je scrutais le moindre détail autour de moi tout en avançant à droite à gauche. J’examinai les visages qui m’entouraient, je regardai les vitrines des boutiques, rien ne semblait m’indiquer qu’il pouvait y avoir un repère de mercenaires dans les parages.

Je continuai malgré tout à regarder autour de moi refusant d’abandonner. Je vérifiais chaque recoin des ruelles qui se présentaient devant moi. Ici un vendeur à la sauvette, là une femme qui se remaquillait, ici une fille qui faisait la manche, là un croc-mort (il y en avait pas mal dans le quartier d’ailleurs, cela semblait être un business juteux). Je checkais tout ce que je pouvais, une fois, deux fois, trois…

Il déboucha soudain d’une rue adjacente.

C’était bien lui.

Crâne d’Obus. Il marchait désormais nonchalamment et avait délaissé son hoverboard… tout comme la mallette…

Perplexe, je le regardai d’abord s’en aller vers les bas fonds à l’écart du centre du village. Je ne comprenais rien. La mission commençait à dérayer totalement. Je ne savais pas ce qu’il avait fait de la mallette. Et voilà qu’il me fallait à nouveau faire un choix sans avoir toutes les cartes en main : soit continuer à suivre Crâne d’Obus sans vraiment savoir où cela pouvait me mener, soit continuer à chercher la mallette introuvable dans ce putain de quartier de fou.


-Susie, bordel, réponds moi !

Mais le même grésillement se fit entendre. J’étais désormais seul. Je décidai de traquer Crâne d’Obus et partit derrière lui vers les tréfonds du monde zardozien.
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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Zardoz » 25 janv. 2016, 14:29

Nous marchions vers les établissements du fossoyeur d’un bon pas déjà, que je m’efforçais pourtant de freiner pour qu’Adeline, sous sa large cape de Saharid, ou du moins sous une reproduction de cape à peu près convaincante, puisse suivre le rythme de ses jambes bien plus courtes que celles d’un adulte.

De tous côtés, les gens tournaient leur regard vers nous, dans lequel on pouvait lire un mélange de peur et de fascination, avant de nous fuir des yeux et de s’écarter de notre chemin d’un pas pressé. Le déguisement de la petite faisait de l’effet et je m’en réjouissais, ou peut-être était-ce la présence de Jasen qui nous avait rejoints depuis notre sortie de l’ascenseur ?

Le bougre avait toujours été aussi loin que je me souvienne là pour moi, un vrai ami si tant est qu’on puisse en avoir dans mon métier. Toujours là pour les coups durs, pour m’aiguiller, me refaire, me sauver parfois d’un mauvais pas… et il avait toujours une longueur d’avance sur tout le monde, un vrai devin qui avait réussi à se faire une sacrée notoriété dans les premiers étages Le fait qu’il nous attendait déjà de pied ferme à peine étions nous sortis de l’ascenseur ne m’étonnait même plus. Sacré Jasen !

Il m’affichait son plus grand sourire, il avait toujours eu cet air enjoué aussi loin que je me souvienne, et toujours le mot pour rire. Un mélange de complicité et de malice à peine dissimulé derrière un regard un peu sérieux.


Alors comment tu vas vieille fripouille ?! Toujours pas mort à ce que je vois ! Et tu t’es fait un compagnon ? Je n’aurais jamais pensé ça de toi ! ahah !, me déclara-t-il de façon un peu trop expansive pour ma discrétion de FL.

Les temps changent Jasen, je me suis dit que me mettre en coopération quelques temps ne ferait pas de mal !, lui dis-je, esquissant à mon tour un sourire à cette vieille connaissance.

Tu m’en vois ravi Sahel, mais…


Il se pencha vers moi.

… A d’autres oui, mais à moi tu ne me feras pas le coup. Il y a qui sous cette cape ?

La petite se taisait. Me tirant doucement par la manche de temps à autres. Elle semblait terrifiée.

Disons… Quelqu’un sur qui je préfère voir des yeux méfiants que des yeux trop envieux… Une fillette que j’ai récolté à ma dernière mission gouvernementale… Plus j’y pense plus je me dis qu’elle serait mieux là où tu travailles… lui dis-je sur le ton de la confidence pour qu’Adeline ne comprenne pas tout mon propos.Tu travailles toujours pour le Fossoyeur, rassure moi ?

Jasen se tue et dévisagea un certain temps la jeune Adeline sans pouvoir réellement voir son visage.

Elle me tira un peu plus sur la manche, une voix modifiée mais où on pouvait entendre une profonde gêne sortie du petit corps.

Sahel, j’ai peur.


Ca va bien se passer Adeline, C’est un ami à moi, tu n’as rien à craindre, lui dis-je avec un sourire rassurant.

Je me retournais vers Jasen, qui semblait méditer la situation.


Un boulot clean, que tu pourrais donner à quelqu’un de ta famille. Je veux juste un lieu où elle puisse être en sécurité, elle travaillerait pour manger dans la limite du raisonnable, je ramènerai des crédits en complément pour la loger et les menues dépenses...

En d’autres temps tu ne te serais jamais encombré d’un tel fardeau Sahel…


Que veux-tu… je dois vieillir. Vas-tu m’aider Jasen ? Je m’en sens responsable de cette petite.

Un sourire s’afficha sur le visage du bougre, mais il acquiesça doucement.


Tu sais bien que je serais toujours là pour toi Sahel. Pour peu que tu puisses faire quelques boulots pour le boss tu auras ce que tu veux. Les membres de son organisation sont comme sa famille tant qu’ils font bien le boulot et pour lui la famille c’est sacrée…

Je levais mon bras et saisi l’épaule de Jasen pour le remercier. Je ne sus pas l’atteindre. Ma main tremblait trop…

Sahel… continua Adeline en me tirant toujours vers elle.

Attends Adeline nous arrivons presque à l’entrée des établissements que nous voulions atteindre. Une fois à l’intérieur tout sera plus sûr…

Jasen me vit faire retomber ma main encore tremblante et de mon autre essayer de la maîtriser pour en atténuer les secousses.

Je ne comprends pas… Je prends pourtant mon médicament comme il faut… C’est de plus en plus fréquent.

Le sourire de Jasen se fit plus triste, plus faux…

Tu continues à appeler ça tes « médicaments » Sahel… Tu sais bien pourtant que tu devrais arrêter ces cochonneries.

Je me sentais de moins en moins bien. Pas que mes sens soient faussés, mais j’étais pris d’une bouffée de chaleur tout à coup, et le monde alentours n’allait plus assez vite pour moi m’inspirant une profonde irritabilité que j’essayais de raisonner. Ca allait passer… Dès que je serais posé… une nouvelle injection.

Si ce médicament n’avait pas été là, ça fait longtemps que je n’aurais plus trouvé la force de vivre ici…

Tu sais bien comment il marche pourtant Sahel… Il ne fait que t’apporter l’illusion que ton passé dans ses meilleurs moments se confond avec présent… C’est purement factice ! Et pour quel contrecoup ? Regarde tes crises de manque ! Et ça dévore complètement ton cerveau cette cochonnerie. Il parait qu’avec cette affreuse substance on finit par voir les pires horreurs de son passé… Là où elle n’est sensée ne nous apporter qu’un moment de plaisir passagé cette chimie amène les hommes à la folie. Tu le sais pourtant !

Ca peut m’arriver de voir des… choses… Mais je… j’en ai besoin Jasen… Tu comprends, je… à quoi bon me lever tous les matins ?! Cette foutue citée me dévore corps et âme. J’ai l’impression de ne pas valoir plus que ces tas de boulon qui exterminent les contrevenants à la loi à coup de chalumeau à n’importe quelle heure du jour et de la nuit…

Jasen se tut, ses mots de réconforts ne vinrent pas. Je m’en voulais. A quoi bon s’afficher de la sorte ? Surtout devant une gamine pour qui je pouvais représenter la seule figure salvatrice désormais. Un regard vers moi, je pus percevoir son visage au travers de l’ombre de sa capuche sur un reflet de lumière : elle était blême… surement de me voir faiblir à ce point. Pauvre idiot.


Un groupe de garde à l’entrée. Des plus exotiques, tous aussi robustes les uns que les autres. Une technique de videur que des mettre des grands gaillards ainsi à la porte pour dissuader les gens ayant de mauvaises intentions. Pourtant ils n’en étaient que des cibles plus faciles pour qui savait y faire…


Une paume en avant un des gardes se dressa de toute sa masse en face de moi pour m’interdire l’accès. Les autres étaient sur leurs gardes, leurs yeux allant de moi à Adeline qui semblait les intimider également dans sa tenue de Sahardiste.


Halte là FL. Vous n’irez pas plus loin avec votre… accompagnant, sans que je vois un laisser passer !


Je me tournais vers Jasen qui me dévisageait doucement.

Tu… fais quelque chose ?

Un petit sourire de sa part. Il me montra ses poignets d’un air désolé et je compris. Quel fou étais-je... Pauvre Adeline.

Tu n’as pas su trouver les mots pour moi Sahel. Essaye de les trouver pour cette petite...

Des souvenirs me revenaient et se fracassaient dans mon esprit comme une cascade sur des rochers en contrebas. Lui non plus n’était pas réel, qu’est ce qu’il l’était dans cette fichue cité ?!

Tu viens pour ta cam’ c’est ça ? Saloperie de "Refrain"!
, me dit le garde semblant un peu lui aussi terrifié devant mon regard de dément. Putain y a des revendeurs en ville pourtant, on est pas un hopsice ici merde ! J’espère au moins que t’a de quoi payer. C’est plus loin sur la droite en rentrant… Et gaffe à toi le Saharid ! S’il fait une connerie on te tiendra pour responsable aussi ! Rien à foutre de votre réputation de mangeurs d’hommes, crois bien qu’à six on te dézinguera en moins de deux !

Ils nous laissèrent passer tandis que j’avais du mal à reprendre mes esprits et une profonde envie de meurtre. Nous étions au moins rentré dans la zone contrôllée par le Fossoyeur… Peut-être trouverais-je ici le salue pour Adeline et de quoi me refaire… Pour l’heure il me fallait un peu de repos…
Dans une ruelle sombre je me posais dans un coin reprendre mon souffle bruyamment tandis qu’Adeline retirait sa capuche et son collier modificateur de voix pour plonger sa tête contre mon épaule et sangloter tandis que je répétais à l’homme qui me regardait toujours en face de moi d’un air désolé.


Pourquoi Jasen ? Pourquoi toi ?!

De ses profondes entailles au poignet me semblant si réelles coulait en continue un mince filet de sang. Pourtant cela faisait quelques saisons déjà que son coeur ne battait plus.

Tu m'avais dis que tu serais toujours là pour moi...

Ma main tremblante vient se poser dans les cheveux de la petite en sanglot que mon délire avait terrorisé bien trop longtemps. Je détournais le regard de mon hallucination.

Ca va aller Adeline... Désolé de t'avoir fait peur à ce point...

Une larme me vint également, je profitais qu'elle ait le visage enfouie pour évacuer à mon tour ce trop plein d'émotions sans qu'elle le voit.

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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Zardoz » 04 févr. 2016, 18:26

Je suis désolé, les postes sont pourvus pour l’instant monsieuuur . Vous êtes Fl d’un niveau trop bas pour qu’on puisse vous confier des missions d’intérêt et trop haut pour que la solde allouée aux petits boulots qu’on vous proposera puisse vous satisfaaaire, me dit, d’une voix lente et trainante, la femme derrière son guichet noyée continuellement derrière un épais nuage de fumée provenant d’une cigarette qui alla bien vite rejoindre ses sœurs consommées dans un cendrier déjà rempli à ras bord.

Laissez-moi en juger…

Je n’aurais jamais pensé que mon niveau intermédiaire de Fl-33 soit si peu valorisé. Je repris mes appuis pour mieux soutenir le petit être qui dormait dans mes bras, un peu plus lourde que ne l’aurait présagé son corps d’enfant d’ailleurs… ça ne pouvait pas être sa cape de Saharid qui ne masquait désormais plus rien d’ailleurs, qui pesait si lourd tout de même? Je pus enfin me dégager un bras pour consulter la tablette que la femme me tendait.

Adeline remua légèrement mais sembla se rendormir laissant tomber son visage sur mon épaule.

Effectivement, c’est peu… le gouvernement paye bien plus, dis-je en rendant la tablette tendue.

La femme se contenta de hausser ses épaules.

Alors allez-voir le gouvernement ou revenez quand vous aurez gagné 10 niveauuux.Au suivaaa...

Non, attendez ! Ca fait bien trois heures que j’attends dans la file, ne m’expédiez pas ainsi !

J’ai dit ce que j’avais à dire. Il y en a d’autres qui attendent mooonsieur.

Et pour elle ?, dis-je en désignant d’un signe de tête la petite Adeline endormie sur mon épaule du fait de l’attente interminable et harassée de fatigue par ses émotions du matin.

La femme allume une nouvelle cigarette qu’elle clope allègrement à grandes bouffées en cherchant dans ses registres.

J’sais paaas. Elle a quel âge la petite ? Elle est bien à vous au moins ?

J’hochais la tête et sans trop savoir j’assurais le chiffre de 9 ans.

Y aurait bien un peu de demande au niveau des maisons de passe. Faites voir un peu sa frimousse ? Ouaiiiis ça passe. C’vous intéresse ?

Non… un truc plus … réglo ?

Beaucoup d’entre nous ont commencé par ça vous savez ? Vous dénigrez ce genre de travaiiil ? Elle aurait peut-être plus à bouffer qu’avec vouuus au moins, me dit-elle d’une voix moins neutre.

Je… non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… J’étais un ami de Jasen vous savez ? Il était un des intendants du fossoyeur. Je suis sûr qu’il aurait pu lui trouver un petit boulot de servante ou d’aide dans vos établissements …

Jasen ? Connaiiis pas. J’suis désolé m’sieur, pas de place pour une gamine dans ce cas-là. Suiiivant.

Vous ne pouvez pas m’expédier comme ça… J’étais un ami de Jasen je vous dis !

Mon voisin de file qui me suit juste derrière me saisit par l’épaule.


Laisse-la place petit tu veux ?, dit une voix à peine aimable, surement excédée également par des heures d’attente.

Je me retourne et vois un grand homme un peu pâle de type vertanien avec de multiples cicatrices au visage qui me dévisage avec un air de défiance.

Un moment... tu veux ?!

Tandis qu’Adeline se réveille tout doucement je viens la déposer par terre avant d'aller abattre lourdement mon poing contre l’épaisse vitre me séparant du guichet.

Allez me chercher quelqu’un d’autre. Je veux voir quelqu’un qui connaissait Jasen !

La femme au guichet vient me souffler l’épaisse fumée blanchâtre sortant de sa bouche contre mon visage collé à la vitre. La fumée ne m’attend pas mais la provocation et le dédain sont bien là. D’un geste de la main elle me fait signe de dégager.

Vous voulez pas avoir à faire à la sécurité non ? Parteeez.

La sécurité ?, dis-je un sourire ironique se développant au coin de mes lèvres. J’en ai rien à fiche de votre sécurité. Je veux juste pas repasser des heures dans vos files à la con pour me retaper ce regard condescendant que vous avez sur la sale gueule d’un autre pauvre type qui se croit à l'abri derrière une vitre blindée.

Le grand vertanien sous l’approbation bruyante des autres à attendre dans la file me pousse violemment.

Maintenant tu dégages FL à la manque. Va baiser ta gosse ailleurs.

Mon poing se retrouve contre sa face avant même qu’il ait eu le temps de lever ses bras démesurément grands pour se protéger. Il s’écroule sans rajouter d’autres mots, seul un grand « Crac » sonore est perceptible signant le bris des cartilages de son nez.

Un autre homme encore, derrière le vertanien maintenant à terre, plus petit et à l’air assuré, se saisit d’un couteau et s’avance vers moi réalisant quelques moulinets. J’attends qu’il engage une attaque avant de le projeter contre la vitre du guichet en utilisant son élan contre lui. D’une simple clé de bras son poignet ayant pris un angle tout à fait à l’encontre la physiologie humaine lâche la lame au sol et l’individu sonné par l’impact contre la vitre la suit bien vite.

Il y en a d’autres à vouloir me traiter de « Fl à la manque » ici ?!, hurlais-je au reste de la file dont les ardeurs semblaient bien avoir été calmées.

Certains semblent hésiter, et jettent des regards à leurs armes respectives. La situation pourrait s’enflammer à tout moment.

Allons Sahel, apaise-la chose, l’un d’eux va craquer, ça ira pour le démonter d'un tir bien placé… puis un autre, là aussi ça ira encore, ils ont pas l'air bien vaillant, puis encore un autre... là ça commencera à être problématique... Un peu de diplomatie.

D’une main je décroche une grenade de type thermique de ma ceinture, la dégoupille et plaque mon doigt contre le système de déclenchement sous les yeux effarés des gens alentours.

Voilà voilà. Repose ton fusil plasma toi tu veux ?Bien . Toi aussi le frisé, j’ai vu ton pistolaser dépasser. Il n’y aura pas de morts ce jour si tout le monde me laisse discuter bien gentiment avec la dame, dis-je d’une voix calme.

Des bruits derrières, quelques gardes marqués de l’écusson du fossoyeur se sont rapprochés en gardant bien leur distance. L’un d’eux retire des épaisses lunettes noirâtres destinées à protéger des sables en même temps qu’un bas de cagoule découvrant une épaisse moustache grisonnante.

J’serais toi j’arrêterais ce petit jeu-là jeune homme. La vie tient assez à un fil comme ça ici bas pour pas avoir à la jouer à quitte ou double ainsi de façon si bête. Range ça et il ne vous arrivera rien de mal à toi et… ta fillette c’est ça ? Y a pas eu grand mal : on a suivi ça depuis la surveillance vidéo du site. On s’porte garant de ta sécurité.

Je relâche simplement mon doigt du déclencheur. Tous écarquillent les yeux et retiennent leur souffle mais aucune détonation ne se produit. Un dans l’assistance se jette même carrément face contre terre. L’imbécile, le souffle de l’explosion aurait quand même eu raison de lui.

L’a plus de charge depuis longtemps celle-là…

T’es vraiment con FL et tu devrais te rendre compte aussi qu’yaura toujours plus con que toi qui t’aurait tiré dessus malgré la possibilité que tout explose dans les 20 mètres alentours.

Je pèse le risque. Je cherche quelqu’un qui connaîtrait Jasen. Je cherche du boulot pour moi et elle, dis-je en désignant Adeline d’un signe de tête. On sera très capables…

Je n’en doute pas vu tes exploits... Jasen, Jasen… L’intendant ? Drôle d’invoquer un nom pareil des mois après sa mort. Ça rappelle des souvenirs… Bon suis-nous et laisse ses pauvres gusses terminer leur journée le plus paisiblement possible, dit-il en me désignant les deux hommes à terre et les autres badauds alentours. On va voir ce qu’on peut faire.

C’est pas un moyen détourné de me faire disparaître sans esclandre ?, dis-je un peu méfiant en faisant signe à Adeline de se rapproche de moi.

Y en aurait pas eu beaucoup à se plaindre si on t’avait crevé là fiston. On aurait même eu quelques applaudissements, crois moi... Tu as l’air de te débrouiller et j’aime bien ton côté tête brûlé même s’il me débecte bien largement également... Et puis toi qui invoque le nom de l’ancien intendant, sache qu’il était beaucoup apprécié ici aussi. Allé viens, suis-nous, termina l'homme en remettant ses épaisses lunettes.

Je me retournais vers Adeline et lui souriait doucement. Elle tenta de m’envoyer un petit poing dans le ventre de colère contre moi que je laissais passer.

Aïe ça fait plus mal que prévu.

Ce que tu es bête Sahel ! T’es un gros nul !

Ahah. Mais je suis toujours là !, dis-je avec un petit rictus douloureux. Et puis bon comme ça on entendra parler de moi. C’est un bien pour le boulot, un mal en se mettant les autres FLs à dos. Mais le fossoyeur ne tolère pas la chasse entre Fls sans son accord dans son secteur…

Elle vint se coller contre moi tandis que nous étions escortés au travers des ruelles, non sans nous faire remarquer, nous attirions tous les regards des curieux.

Sahel…

Oui Adeline ?

Tu m’apprendras à me battre comme ça ?

Je lui ébouriffais les cheveux avec un large sourire.

Pas « comme ça », c’était idiot. Mais je pourrais t’apprendre à te battre oui. Je suis sûr que l’élève dépassera le maître ! ahah !

Un petit sourire vient illuminer son visage. Je pensais qu’elle aurait plus de mal à s’en remettre...

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Re: Le jeu de la vie en Zardoz, chapitre 2

Message par Zardoz » 05 févr. 2016, 23:16

Nous nous enfoncions de plus en plus au cœur du secteur du Zardoz contrôlé par le Fossoyeur. Les bâtiments se faisaient plus imposants, plus… riches aussi, laissant deviner que des fonds colossaux pouvaient circuler entre ces murs.

Toujours entourés de notre escorte, nous pénétrons dans ce qui semble être de prime abord une villa. D’une entrée gardée par deux statues imposantes de fauves Déserticains, nous passons à un hall marbré et tapissé de fines mosaïques hautes en couleurs contant des scènes improbables de la mythologie du Shadowsong. Au bout, après quelques dizaines de mètres de marche un trait de lumière et un bruit d’eau, notre petit groupe débouche dans une cour agrémentée de multiples colonnes protégeant en cercle une large fontaine dans un clapotis enchanteur. Toute la zone était parsemée de verdure comme on n’en retrouvait pas ailleurs dans le reste des étages défavorisés du Zardoz.

Adeline s’attarde un moment vers la fontaine. Un sourire béat aux lèvres comme si elle n’avait jamais pu imaginer qu’on puisse faire une chose aussi dérisoire et… jolie d’un liquide aussi précieux.


Adeline, reviens par là avant de te perdre...

A contre cœur elle s’exécute tandis que nous nous éloignons de ce petit coin de paradis pour monter vers une large terrasse après de longues marches spiralées. De là deux autres gardes sont visibles, protégeant un large bureau dans lequel nous sommes introduits.

Un homme, noir de peau, portant des lunettes rondes aux reliures dorées, semblant totalement chauve ou rasé sous un court chapeau, et portant de larges habits d’un teint orangé. Le tout lui donnait un aspect général d’original qu’il semblait assumer pleinement. Il se tient derrière un bureau et semble pris discussion tout à fait animer avec un autre de ses hommes.

Pas de lait dans mon thé bordel, j’ai toujours l’impression que tu veux me faire boire du sp… oh!

Son regard croise le nôtre tandis que le groupe qui nous accompagne se réparti bientôt dans la pièce nous formant une haie d’honneur assez improbable jusqu’à lui.

C’est le foutu couillu qui veut un poste c’est ça Boris ? Dit-il en jettant un regard à l’homme à la moustache grisée et drue qui m’avait parlé tout à l’heure avant de reporter son regard vers Adeline et moi comme si nous étions de belles curiosités offertes à ses yeux.

Moi c’est Zourk’ho Intendant… Mais oui ce sont bien eux.

L’intendant reporte son regard vers le garde qui semble être le chef du groupe qui nous a amené ici.

C’est vraiment un nom à la con ça. C’était pas toi Bob ?

Un autre soldat s’avance et déclare simplement en retirant son masque.

Heu… non Bob c’est moi.

Soupir exaspéré de l’intendant.

Sérieusement ? Rho puis j’en ai jamais eu rien à foutre de vos noms, j’ai assez de trouffions à m’occuper comme ça. Je vais finir par vous appelez tous « trous du cul » et vous coller un numéro sur votre veston.

Il avance son doigt vers le plus âgé à la moustache grise.

Tiens toi tu seras trou du cul 1.


Et il continue son tour, pointant les gens les uns après les autres.

2, 3, 4,… Voilà notez ça Johny et dégagez moi cette immonde tasse à la con!, dit-il en s’adressant à l’homme venu lui apporter son thé.

Petite toux de l’homme.

Quoi encore bordel ?

C’est que… je ne m’appelle pas Johny monsieur.

L’homme prend la tasse que lui tendait encore le faux John et la lance contre un mur. Ce qui semble etre de la porcelaine se brise facilement contre l’épaisse cloison et son contenu se répand doucement vers le sol.

Voilà. Il va falloir nettoyer maintenant ! Vous savez bien que j’ai horreur de me mettre en colère pourtant ! Si vous ne savez pas faire du thé, allez nous faire du café !

Son regard se porte sur moi.

Tu aimes le café mon gars ?

Je ne garde pas un mauvais souvenir des fois où j’ai pu en boire du vrai, dis-je simplement.

Parfait alors ! Et vous les ga… oh et puis on s’en fout ! Du café Johny et que ça saute!, dit-il en claquant impatiemment ses mains entre elles.

Tandis que l’homme qui semble être une sorte de domestique (en ayant l’apparat toujours) s’en va dissimulant mal son mécontentement l’intendant affiche un large sourire, ses dents d’un blanc pur contrastant tout à fait avec sa couleur de peau d’un noir profond.

Tu es adorable petite. Tu me rapellerais ma fille si j'en avais une, à la place j'ai eu des chiens, curieux hein? Ca gueule un peu plus mais c'est plus fidèle on dit... Je vais avoir a parlé avec ton… père ? Ça te dit de suivre ce brave garçon qu’il t’emmène prendre une glace ? Tu aimes les glaces dis ?

Adeline semble tout à fait intéressée par ce projet, elle me regarde d’un air interrogateur comme attendant ma permission.

Il ne lui arrivera rien mon gars. J’ai qu’une parole.

Vas-y suis le Adeline, je te rejoins bientôt, dis-je tandis qu’un des hommes l’emmenait doucement vers les bas étages en lui faisant redescendre l’escalier menant à la cour.

D’ailleurs toi, heu… trou du cul 3, va suivre ton ami le 4 t’assurer qu’il lui file bien le bon cornet., dit l'intendant désignant un autre des soldats.

J’suis pas une nourrice patron… J’suis pas payé pour ça, réplique le nouveau désigné.

T’es un garde non ?

Oui…

Ben va la garder et ferme ta gueule.

Nouveau départ, non pas sans claquement de talon frustré. L’atmosphère dans la pièce devient un peu plus respirable tandis que nous nous faisions moins nombreux.

Il est con mais c'est un brave bougre... Enfin j'dis ça je le connais pas hein et j'en ai rien à foutre en fait.

Bien à nous maintenant…, dit l’homme s’allongeant un peu plus dans son fauteuil. Je suis entouré d’imbéciles. J’suis le roi des cons au pays des troululus tu l'auras compris. Arf !

Et ce café ?!, hurle-t-il exaspéré.

Il se repenche doucement vers moi pour m’examiner de la tête au pied puis se lève et vient tourner autour de moi. Accompagné d’une canne richement pourvue qui ne semble pas avoir de réel intérêt fonctionnel.

Ouais j’peux peut-être trouver un truc pour toi mon gars. Tu connais les Jeux ?

Les jeux ?,dis-je ayant peur de comprendre. C’est un terme bien vague. J’en connais bon nombre oui.

L’intendant affiche à nouveau un large sourire carnassier.

Allons bon... je ne parle pas de ce genre de jeux.

Il lève son index et se place en face de moi me dévisageant intensément.

Je parle des Jeux avec un grand J !

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